Le monument aux morts de Tréguidel

Au début de mes recherches généalogiques, j’allais dans les archives des mairies pour y débusquer mes aieux. C’était l’occasion de découvrir les villages où ils avaient vécu. Lors de ma première visite à Tréguidel, mon premier arrêt fut pour le monument aux morts pour y voir le nom de François Jarno, frère de mon arrière-grand-père Augustin Jarno, mort pour la France lors de la guerre de 14-18.

Monument aux morts de Tréguidel
Monument aux morts de l'église de Tréguidel

François Jarno

François Jarno est né le 19 juillet 1896 à Tréguidel dans le canton de Lanvollon. Il est le fils de Pierre Jarno et Marie-Françoise Allée

Le site Treguidelentrenous a fait un trés bel article sur lui lors du centenaire de la Grande Guerre.

Quand la guerre éclate, il a à peine 18 ans. Etant né en 1896, il fait parti de la classe 1916 et n’aurait dû être incorporé qu’en 1916, mais en raison des évènements, il est incorporé le 11 avril 1915 au 25e Bataillon des chasseurs à pied

Une photo nous montre les visages de ces jeunes garçons de la classe 1916 de Tréguidel. Elle m’émeut particulièrement quand je pense aux horreurs qu’ils vont vivre peu de temps après cette photo.

Pierre Jarno et Marie-Françoise Allée
Classe 1916 de Tréguidel ( Credit: Tréguidelentrenous)

Mort pour la France

Mon arrière-grand-père, Augustin Jarno, dont je vous conterai une autre fois sa guerre, avait raconté à son épouse Blanche et à sa fille Gisèle, qui me l’ont narré à leur tour, un fait assez troublante. Alors qu’il rentrait du front, il croisa par hasard son frère, François, qui y partait et qui n’en reviendra pas.

Le dossier d’enregistrement militaire de François nous apprend qu‘il a été tué à l’ennemi le 25 septembre 1916, ferme du Bois Labé, près de Boucharesnes avec la mention « Mort pour la France ».

La Bataille de Bouchavesnes

Le Journal des Marches et Opérations du 25e Bataillons de Chasseurs à pied nous permet de suivre au jour le jour les combats.

François part aux armées avec le 25e le 17 avril 1915. A cette époque, le 25e est dans le secteur de Champagne. Du 28 juin au 15 juillet 1916, François participe à la terrible bataille de Verdun. En seize jours, le bataillon a perdu à Verdun 8 officiers et 305 gradés.et chasseurs Après trois semaines de repos à l’ouest de Reims (Gueux et Magneux), le bataillon prend le secteur de Soissons du 8 au 25 août où le calme y est complet. Ensuite, le bataillon se repose au sud de Fismes pendant treize jours et reprend la route. Le 22, il prend la direction de Bouchavesnes.

La bataille nous est décrit dans le détail.

«Bouchavesnes (26-27 septembre 1916). –
La bataille de la Somme se poursuit depuis près de trois mois: l’armée allemande recule sous nos coups, et déjà elle a dû abandonner son effort sur Verdun. Dans la nuit du 24 au 25, le bataillon monte en ligne; l’ennemi qui se sait menacé bombarde sans trêve nos parallèles de départ, et nous fait du mal.
L’attaque a lieu le 25 septembre à midi 35. 
L’objectif est la ferme du Bois l’Abbé et les hauteurs à l’est du canal du Nord: par là se poursuit l’encerclement et la délivrance de Péronne. D’un bond les chasseurs atteignent la première tranchée ennemie et y font des prisonniers. La vague progresse sous un feu nourri de mousqueterie et de mitrailleuses. Les pertes sont sensibles; le commandant Cabotte est blessé. Sous le couvert des fusils-mitrailleurs qu’on utilise pour la première fois et des mitrailleuses, on progresse encore. La 2e compagnie arrive à la tranchée Turka et la nettoie par un dur combat corps à corps. Elle est assaillie par sa droite et par sa gauche et, à moitié encerclée, résiste à tous les assauts. 

Le 26, après une violente préparation d’artillerie, le Boche prononce deux attaques à 16 heures et à 21heures. Elles sont pour lui deux échecs sanglants. Enfin, le 27, le 29e B. C. P. venait relever le 25e. 

Pertes: 11 officiers; 451 gradés et chasseurs. 

Une citation à l’ordre du corps d’armée en était bientôt la récompense.» 

Carte de Bouchavesnes et la Ferme de Bois Labbé oú a été tué François Jarno

Mourir à vingt ans.

Les monuments aux morts en Bretagne possèdent de longues listes de tous ces jeunes gens qui sont partis au front pour défendre leur patrie, qui ont vécu l’enfer des tranchées et qui sont « Morts pour la France ». François Jarno était de ceux là. Il n’avait que 20 ans…

Mon lien avec François Jarno

Sources:

Journal des Marches et Opérations du 25e Bataillons de Chasseurs à pied : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6357029z.texteImage


1 commentaire

Q comme Quatorze Dix-huit, la guerre d'Augustin Jarno - Enquête de notre histoire · 21 novembre 2019 à 2 h 25 min

[…] y a quelques jours, je vous contais la mort tragique à 20 ans de François Jarno. Aujourd’hui, c’est le parcours pendant la Grande Guerre de son frère, Augustin, mon […]

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