L'incorporation

Il y a quelques jours, je vous contais la mort tragique à 20 ans de François Jarno. Aujourd’hui, c’est le parcours pendant la Grande Guerre de son frère, Augustin, mon arrière-grand-père que je vais vous narrer.

Augustin Jarno est né le 5 juillet 1891 à Tréguidel. Ses parents Pierre Jarno et Marie Françoise Allée sont cultivateurs. C’est un beau jeune homme brun avec de beaux yeux bleu clair.

Grâce à son dossier de recensement militaire, il est possible de suivre son parcours. Il rentre dans l’armée pour son service militaire en tant que 2ème classe dans le 19e régiment d’infanterie le 9 octobre 1912 et devient Caporal au bout d’un an le 8 novembre 1913. C’est avec ce régiment qu’il partira à la guerre.

Dossier de recensement militaire d'Augustin Jarno - Classe 1911

Le 19e régiment d'infanterie

L’historique du 19e régiment d’infanterie pendant la guerre 1914-1918 nous permet de découvrir ce régiment et son parcours.

«Le 19e régiment d’infanterie est un des plus vieux et des plus solides régiments français.

D’abord « Régiment de Flandre » puis « Régiment de Saulx » dont on disait : « Gardez- vous du feu, de l’eau et du Régiment de Saulx »

Il devint « l’Invincible 19e demi-brigade » et le « 19e régiment d’infanterie de ligne ». Les noms de Jemmapes, de Wagram, d’Héliopolis et de Sébastopol, inscrits sur son drapeau, rappellent ses étapes les plus glorieuses.

1914

A la mobilisation, le 19e tenait garnison à Brest. Recruté dans les trois départements bretons du Finistère, du Morbihan et des Côtes-du-Nord qui fournirent à la France de si nombreux et de si vaillants défenseurs, le 19e de la Grande Guerre quitte sa garnison le 8 août et débarque de ses trains fleuris dans la région de Challerange. Les jours suivants le rapprochent de la frontière et de Sedan. Il entre en Belgique, aux Hayons, le 22 août au matin il débouche sur le plateau de Paliseul et se porte, à découvert, à l’attaque de l’ennemi retranché dans le village de Maissin. Le choc est des plus rudes, les Allemands, abrités dans les tranchées et couverts de nombreuses clôtures en fil de fer, essaient d’arrêter par des feux meurtriers la marche du régiment. Mais ils ne peuvent avoir raison du magnifique élan, de la ténacité, de la volonté de vaincre du 19e qui enlève a la baïonnette le village de Maissin et s’y maintient toute la nuit malgré de violents retours offensifs.

Lorsque le 11e corps d’armée débordé sur ses ailes se replie au sud de la Meuse, le 19e est à l’arrière- garde et défend les abords de Sedan ; il prend une part brillante, le 27 août, à la bataille de Chaumont-Saint-Quentin et bouscule jusqu’à la Meuse un ennemi très supérieur en nombre.

Après avoir reçu d’importants renforts, le régiment participe à la bataille de la Marne et livre à Lenharrée, les 6, 7 et 8 septembre, de furieux combats, puis poursuit les Allemands en retraite par Châlons et Suippes jusqu’à la ferme des Vacques.

La 22e D.I., transportée dans la Somme, livre, les 6 et 7 octobre, les combats de Thiepval ; le front se stabilise et l’on pousse activement, de part et d’autre, l’organisation défensive.

« Chargé le 17 décembre de l’attaque sur Ovillers, le 19e s’est porté en avant sur un terrain absolument découvert avec un entrain remarquable. »

Sa conduite admirable pendant cette terrible journée et depuis le commencement de la campagne est rappelée dans la citation du 3 janvier 1915 de la IIe armée.

Le 19e maintiendra désormais intacte sa réputation de régiment d’élite ; les Allemands eux- mêmes, qui sont les meilleurs juges en la matière, citeront à plusieurs reprises, au cours de la guerre, ce célèbre régiment breton dont ils conservent de cuisants souvenirs.

1915

Cette réputation de bravoure vaudra au 19e et à son frère breton le 118e des postes de choix, « La Boiselle », pour commencer, où il monte la garde en perpétuelle alerte à quelques mètres du Boche jusqu’en juillet 1915 et apprend à fond la guerre de mine et de tranchée.»

Le 15 novembre 1915, Augustin Jarno devient sergent.

«L’attaque de Champagne (25 septembre 1915) fournit au 19e l’occasion de prouver qu’il n’a rien perdu de son ancien mordant et lui vaut d’être cité, avec les autres régiments de la division, à l’ordre du G.A.C. Les Mamelles, la Brosse à Dents, Tahure, évoquent de glorieux souvenirs. A la division revient le redoutable honneur de conserver pendant l’hiver 1915-1916 un terrain chèrement conquis.»

A cette période, Augustin reçoit le 2 janvier 1916 la Croix de Guerre pour acte de bravoure. Il est écrit que « d’un entrain merveilleux, il a su obtenir de ses hommes dans les circonstances les plus critiques le maximum d’efforts, a été blessé le 4 novembre alors qu’à découvert il cherchait à repérer les positions ennemies ».

«1916

Après s’être reconstituée au camp de Mailly, la 22e division est transportée à Verdun. Du 28 mars au 24 avril, le 19e participe à la bataille de Verdun dans le secteur nordouest, subit sans faiblir les bombardements les plus meurtriers et résiste à plusieurs attaques dont celle du 16 avril particulièrement violente.

Reconstitué à nouveau (avril-mai), le régiment soutient pendant près de quatre mois une guerre de mine des plus actives et des plus pénibles dans le secteur de Berry-au-Bac.

Il passe au repos les mois de septembre et d’octobre dans les régions de Coulonges-Château-Thierry-Saint-Dizier, remonte à Verdun admirablement entraîné et porte nos lignes le4 novembre jusqu’au village de Vaux.»

Augustin racontait avoir croisé son frère François avant qu’il aille se faire tuer à Bouchavesnes. Avant de repartir au front, François se reposait entre le 25 août et le 22 septembre 1916 au Sud de Fismes. Augustin s’y repose dans une zone proche. J’imagine que c’est à cette période qu’ils se sont croisés.

«1917

La 22e division quitte Verdun le 22 janvier et reste à l’instruction jusqu’au 20 mars dans la région de Meaux.

Le 19e se porte sur Soissons le 27 mars et poursuit les Allemands par Crouy sur Laffaux qu’il attaque « en formation de manœuvre » le 8 avril. Relevé aussitôt après cette attaque, il occupe le secteur d’ Hurtebise (28 avril-14 mai) et livre des assauts furieux et répétés pour porter nos lignes sur les bords de l’Ailette. La Grotte des Saxons est prise et reperdue, les formidables défenses du Chemin des Dames résistent à toutes les attaques.

Après un mois de repos dans la région de Montdidier (14 mai-20 juin), le 19e occupe le secteur de Fayet (est de Saint-Quentin) où le 3e bataillon se distingue le 11 août et mérite une citation à l’ordre de la IIIe armée.

Dans le courant du mois de septembre, la 22e division vient occuper le secteur de La Malmaison et participe aux travaux de préparation de l’attaque du Chemin des Dames. Pendant vingt jours les hommes sont soumis aux tirs violents de contre-préparation, multiplient les coups de main et recueillent de précieux renseignements sur l’ennemi.

1918

L’hiver se passe dans les secteurs relativement calmes de Pinon, des bois Mortien et de Quincy.

La 22e division, au repos depuis le 19 mars dans la région de Lagny, est alertée dans la nuit du 22 au 23, enlevée en camions et débarquée, après vingt-quatre heures de route, au sud de Nesle. Il s’agit d’arrêter à tout prix l’avance victorieuse des Allemands. Le 19e est immédiatement jeté dans la bataille, prend la place des Anglais et engage une lutte opiniâtre avec les Allemands, « combattant sans trêve ni repos, de jour et de nuit ». Il les attaque le 25 et leur enlève Nesle et le château d’Herly, les arrête le 26 à Roye, le 27 à Dancourt-Popincourt, à la ferme de Forestil où il résiste jusqu’à la dernière cartouche. Relevé dans la nuit, il reste en soutien jusqu’au 4 avril. La conduite héroïque des régiments d’infanterie de la 22e D.I. en cette circonstance leur vaut une citation au 2e corps de cavalerie, transformée, pour le 19e, en citation à l’ordre de l’armée, le 29 mars 1919, par le maréchal commandant en chef les armées du Nord et du Nord-Est.

Le régiment fait mouvement par voie de terre et vient occuper, le 20 avril, le secteur du Chemin des Dames compris entre l’éperon de Courtecon et celui de Vaumaires ; le secteur est calme et rien jusqu’au 25 mai ne fait prévoir une attaque allemande de ce côté.»

Les blessures

Le 2 mai 1918, Augustin change de régiment pour aller au 116e régiment d’infanterie

Le 18 juin 1918, il est changé d’arme pour blessure

D’après les souvenirs familiaux en plus d’être gazé à l’ ypérite, il a été blessée par des éclats d’obus. Je me souviens de mon arrière-grand-mére racontant qu’elle avait dû pendant un long moment lui changer ses pansements. Son dossier militaire nous décrit ses blessures: « Cicatrices multiples de la jambe droite par éclats de grenade, perte du 4e orteil droit, cicatrices sur peronné et ses fesses»

Le 30e régiment d'artillerie

 Le 4 juillet, il rejoint le 30e régiment d’artillerie. 

L’historique de ce régiment nous décrit les derniers mois de combats d’Augustin:

« Bataille d’Epernay. – Poursuite jusqu’à la Vesle (13 Juillet-Août 1918)


Le 14 juillet, l’Allemand sûr de vaincre avait franchi pour la seconde fois la Marne, la rivière fatale. L’heure va sonner et pour la deuxième fois, le destin va se prononcer contre lui.
La 9e D. I. est rappelée à l’activité pour prendre sa part dans la victoire. Elle débarque à Épernay et entre en ligne à l’ouest de Dormans le 17 juillet. Le 30e est transporté en camions et prend position au sud et au nord de la Marne, à hauteur de Cumières, où la 9e D.I. fixe d’abord l’ennemi, puis par une série d’attaques acharnées en liaison à gauche avec la division Marchand, à droite avec les Anglais, le décolle enfin le 27 et le contraint à un premier recul sur Romigny.
Période de tirs continuels et de ravitaillements laborieux sans arrêts, sans abris, sous la pluie et les bombardements, bien dure pour le 30e , mais incomparablement plus encore pour les fantassins. La 9e D. I. voit disparaître 3.000 hommes de ses effectifs par le feu, les gaz et les fatigues.
Le 30e est alors mis à la disposition de la 14e D.I. qui, par dépassement de la 9e D.I. se lance à la poursuite. De ses positions aux abords de La-Neuville-aux-Larris, il brise les résistances de l’ennemi à Ville-en-Tardenois, retrouvant avec bonheur ses qualités manœuvrières de la guerre de mouvement et méritant qu’un ordre de la 14e division signale « son intervention rapide et sa large contribution à accentuer le repli de l’ennemi ».
Derrière la 10e D. I. qui vient d’assurer la relève, le 30e fait des bonds successifs au camp de Romigny, à Savigny-sur-Ardre; il prend enfin position dans la nuit du 2 au 3 août, sur les pentes au sud de la ferme Montazin, pour appuyer le franchissement de la Vesle à hauteur de Jonchery.
Par tour de relève, la 9e D. I. prend le 9, les lignes devant Breuil et Courlandon; elle réclame son artillerie qui prend au nord de Crugny des positions échelonnées en profondeur. Les pertes de la 9e D. I. sont sévères et un repos, devenu nécessaire, l’amène avec son artillerie dans la région de Saint-Martin-d’Ablois.
La citation suivante l’Ordre du Ve corps d’armée, résume et récompense les efforts du 30e
pendant toute cette période :
« Le 30e , sous les ordres du lieutenant-colonel Terrière, des chefs d’escadron Piquendar, Arnauld, Devoucoux, malgré les pertes qui lui sont infligées par le feu de l’ennemi, malgré les incessants bombardements à obus toxiques, sans tenir compte de l’extrême fatigue occasionnée par de fréquents changements de position et par la difficulté des  ravitaillements, s’est fait remarquer pendant la période des durs combats qui se sont déroulés entre le 17 juillet et le 4
août 1918, par ses qualités d’entrain et d’endurance, par sa belle tenue au feu, sa mobilité et la précision de ses tirs. Il a pris part durant cette période à dix attaques, contribué à l’échec de deux contre-attaques et permis ensuite, par la rapidité de ses déplacements, de garder sous le feu de notre artillerie les colonnes ennemies en retraite. »
La division remonte en secteur le 24 août ; l’A. D. a à sa tête le colonel Langlois. Le 30e reprend positions entre la crête au sud de Hourges et Unchair et le village de Crugny et participe, du 1er au 17 septembre, à la prise de la ferme d’Ormont et de Breuil. 


De la Vesle à la position Hunding (Camp de Sissonne) (30 Septembre-Octobre 1918)


Après un mois d’opérations de détail, la 9e D. I. participe à l’action offensive d’ensemble de la Varmée, déclanchée le 30 septembre, pour rejeter l’ennemi des croupes au nord de la Vesle.
En cinq jours, le 30e prépare le déploiement de trois régiments d’A.C. entre Breuil et Jonchery.
Le 30 au matin, l’attaque se déclanche. Les batteries du 30e ont été déplacées dans la nuit et n’ont pu faire aucun réglage. Leurs tirs s’exécutent néanmoins au plus près de la rivière pour couvrir la confection des passerelles et l’infanterie peut, à l’heure dite, s’élancer à l’assaut du Mont Ferré, derrière le barrage roulant.
Sous les vues de l’ennemi et malgré de grosses pertes, les groupes sont portés en avant jusqu’à la route de Fismes et détachent auprès de chefs de bataillon des pièces isolées pour l’accompagnement de l’infanterie. L’ennemi cède toutes ses crêtes. De nouveaux bonds portent les batteries aux environs de Châlons-le-Vergeur et bientôt sur la grande ligne des crêtes cote 186, cote 180, moulin d’Hermonville, merveilleux observatoires d’où l’artillerie aide à vue la
lente conquête de nos anciennes organisations en avant de Cormicy et Cauroy.
Le canal est atteint le 4 octobre sur tout le front et franchi même dans la soirée, à la Neuville
et au Godat.
Le 6 octobre, tout le 30e est au pied du Mont Spin.
Après quatre jours de résistance sur l’Aisne, l’ennemi, le 10 octobre, écrase de ses tirs tout notre front. Bois de Gernicourt, bois des Pies et des Geais, Cormicy, etc…, reçoivent un déluge d’obus de toutes sortes et de tous calibres. Les batteries sont soumises à de violentes concentrations d’ypérite. Notre infanterie n’est pas en meilleure posture et peut à tout moment demander le barrage. Il ne saurait donc être question d’évacuer les positions. Le matin, le 30e
devait évacuer plus de 60 canonniers.
Difficiles conditions pour reprendre dans la journée même la poursuite de l’ennemi qui masquait par ces tirs sa retraite. C’est en effet un nouveau repli boche de Gernicourt à Juvincourt, Amifontaine et camp de Sissonne.
Malgré les pertes, le 30e suit immédiatement l’infanterie en se frayant un chemin à travers les difficultés de toutes sortes : champs d’entonnoirs, tranchées et anciens réseaux des lignes françaises et allemandes.

 Attaque de la position Hunding. – Poursuite jusqu’à la Meuse (16 Octobre-11 Novembre 1918)


Du 16 octobre au 3 novembre, situation particulièrement dure. Le 30e a poussé audacieusement ses batteries dans la zone découverte et battue du camp de Sissonne pour les attaques de la position Hunding. L’effort donné par tous est surtout considérable dans la journée du 19 octobre, où le village de la Selve, pris et reperdu est enfin repris et conservé après une énergique préparation d’artillerie. Le 27 octobre, la 9e D. I. est relevée, mais son régiment de campagne ne la suit pas au repos.
Elle reprend plus à droite le secteur de Banogne-Recouvrance. Le 30e la rejoint dans la nuit du 3 au 4 novembre, se mettant en batterie dans une région violemment battue, au nord-est de le Thour.
Le 5 novembre, avec un dévouement particulier, et une généreuse audace, l’un des sousofficiers éclaireurs, le maréchal des logis Peronne, s’est porté jusqu’aux avant-postes et il a pu se rendre compte du départ des Boches. En hâte, il le signale. Le chef de bataillon lance aussitôt des patrouilles, la retraite est confirmée et dès la pointe du jour, la poursuite générale se déclanche.
Notre avance reprend alors sans plus rencontrer grande résistance. Le 30e suit, précède toujours de ses pièces avancées, qui collent aux bataillons de tête, malgré la fatigue croissante des chevaux et les destructions effectuées par l’ennemi. Autour de chaque entonnoir, coupant la route de place en place, ce sont des heures de rudes efforts pour conducteurs et servants, qui mettent leur point d’honneur à montrer que partout où passe un fantassin passent les batteries du 30e et que là où l’infanterie de la division est arrêtée, son artillerie est toujours en état de
l’appuyer immédiatement.
Le 11 novembre au matin, le groupe d’appui du régiment d’avant-garde avait deux unités en marche à la suite du bataillon de tête. La 3e , en batterie à Houldizy, était en mesure d’appuyer le mouvement jusqu’à la Meuse.


Fiers d’avoir coopéré par un tel effort à l’impérissable victoire et déjà bien récompensés, aux derniers jours de l’avance, par toutes les manifestations de reconnaissance des populations libérées, les artilleurs du 30e ont bientôt le grand bonheur de voir leur régiment cité à l’Ordre de l’armée dans les termes suivants :
« Du 30 septembre au 11 novembre, sous le commandement du lieutenant-colonel Terrière, et des chefs d’escadron Piquendar, Arnauld et Devoucoux, le 30e R. A. C. s’est distingué par la somme énorme de travail fourni pour la préparation de l’attaque du 30 septembre, puis, au cours de la poursuite, par son audace, son à-propos à porter ses batteries sur les positions les plus avancées et les plus exposées, sans autre souci que de venir en aide à l’infanterie, cherchant sans cesse et réussissant à lui ouvrir la voie. A poussé des pièces avancées jusque dans les éléments d’infanterie de pointe, pour faire tomber la résistance des mitrailleuses ennemies.»»

Juste avant l’armistice le 8 novembre 1918, Augustin est transferré au 64e régiment oú il reste jusqu’à sa démobilisation le 20 août 1919. Il a donc passé 6 ans dans l’armée.

La vie après la guerre

Augustin se marie le 11 janvier 1919 à Montesson à Blanche Rouxel. Ils tiennent dans un premier temps une épicerie, puis s’installe en Bretagne à Etables sur Mer où ils ouvrent un hôtel-restaurant « La Pension Gisèle » du nom de leur fille et dont la gestion est assurée principalement par Blanche. 

Pensionné pour ses blessures, Augustin ne peut pas travailler et profite de son temps libre pour aller chasser au bois de la salle à Pléguien. 

Pendant la guerre de 39-45, Augustin et Blanche divorcent le 14 mai 1944, mais se remarient ensemble au bout de quelques années le 18 février 1952 à Chatou. Ils partent ensuite s’installer à Argenteuil.

Ma grand-mère paternelle Gisèle m’a raconté souvent une étrange histoire. Alors qu’elle prenait le thé avec mes grands-tantes, ses belles-soeurs, le téléphone sonna et elle se mit à crier «C’est mon père!». Elle se précipita vers le téléphone et au bout de la ligne, un homme lui annonça que son père Augustin venait de se faire renverser par une voiture, alors qu’il était à vélo. Augustin décède quelques heures plus tard. Ma grand-mère avait ressenti qu’un malheur était arrivé à son père, même si elle ne s’est jamais expliquée comment.

Augustin Jarno et Blanche Rouxel à leur mariage le 11 janvier 1919 à Montesson (78)
Pension Gisèle - Les Cahiers des droits de l’homme 10 juin 1935

Sources:

Historique du 19e régiment d’infanterie: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6216906d/f3.image.texteImage

Historique du 30e régiment d’artillerie: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62826759/f3.image.texteImage


4 commentaires

Jean-Marc · 21 novembre 2019 à 9 h 58 min

Très beau travail de recherche !

    Yann · 21 novembre 2019 à 10 h 37 min

    Merci Jean-Marc

Sébastien | Marques Ordinaires · 21 novembre 2019 à 11 h 05 min

Bonjour Yann,
Voici un bel hommage rendu à votre arrière grand-père qui a malheureusement eu un triste destin avec son accident de vélo.
Bravo pour ces recherches en tout cas.

    Yann · 21 novembre 2019 à 12 h 03 min

    Bonjour Sébastien,
    merci à vous.

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