Le Garde des plaisirs du Roi

Les recherches généalogiques sont souvent pleines de surprises. Elles nous permettent de découvrir de vieux métiers oubliés. Par exemple, à la lecture de l’acte de mariage d’un de mes ancêtres André Chaillou (sosa 1472) le 16 mai 1694 à Gennevilliers, j’ai ainsi découvert que son père aussi nommé André Chaillou assure la charge de « Garde des plaisirs du Roy». En cette année 1694, le roi de France est donc Louis XIV. Et donc à l’évocation de ce nouveau métier, je me mets à imaginer mon ancêtre gardant un harem secret du roi aux multiples maîtresses. Mais est-ce vraiment cela?

Acte de mariage d'André Chailliou, fils d'André Chailliou, garde des plaisirs du Roy, avec Anne Lery le 10 mai 1694 à Gennevilliers.

Le Garde-chasse

Renseignement pris, je découvre que le garde des plaisirs du roi était un garde chasse du domaine royal. En effet, les grands plaisirs des rois de France sont le pouvoir, les femmes et la chasse. C’est donc dans les domaines forestiers, appelés capitaineries que s’exercent les plaisirs des rois. Dans ces domaines royaux, les gardes-chasse y sont nommés les gardes des plaisirs du roi. 

D’après V. Maroteaux, dans son article « Gardes forestiers et gardes-chasse du Roi à Versailles – Approche d’un milieu social », les gardes doivent « veiller à la conservation du gibier dans l ‘étendue tant des plaines des terres et seigneuries de Versailles, Marly et dépendances que des bois enfermés dans les parcs desdits châteaux . . ., empêcher qu’il ne soit rien coupé. dégradé dans lesdits bois, pris. tué. ny enlevé aucun gibier, ny contrevenu en aucune manière aux ordonnances sur le fait des chasses et plaisirs de Sa Majesté et en cas de contravention faire les procès-verbaux en bonne forme »

Il nous apprend que «ces gardes restaient néanmoins surtout orientés vers les chasses, comme en témoignent leurs commissions et leur répartition (cinq seulement pour toute la forêt de Marly) . II fallait bien sûr
réprimer les braconnages, veiller à l’exécution des contraintes imposées aux exploitants des
parcs (interdiction de nettoyer les grains à partir du mois de mai, de récolter sans l’autorisation
des gardes . . .) mais aussi entretenir le gibier pendant l’hiver (enlèvement des neiges, nourriture),
détruire les animaux nuisibles, faire des chasses pour la table du roi ou du gouverneur . Des
élevages étaient faits pour le petit gibier de plaine sous la direction des gardes des trois faisanderies des parcs.
Pour l’exécution de ces travaux, le domaine employait une trentaine de journaliers, aussi appelés
garenniers, qui servaient aussi bien pour les chasses que pour l’entretien des parcs, le façonnage des bois»

J’ai d’ailleurs découvert un autre ancêtre, Geoffroi Pettit (Sosa 3004), époux de Marie-Anne Drussant, qui était le garennier de Beauchamp dans le Val d’Oise près de la forêt de Montmorency.

Actuellement, j’ignore quelle forêt gardait mon ancêtre André Chaillou. Je sais qu’il vivait à Argenteuil où il est décédé. En regardant une vieille carte, il est possible de l’imaginer surveillant les forêts de Montmonrency, de Saint-Germain-en-Laye ou de Marly, car elles se trouvent à proximité d’Argenteuil.

Là encore, il existe peut-être des registres listant ces serviteurs du roi qu’étaient les gardes des plaisirs du roi et j’espère le découvrir un jour.

Carte de Cassini montrant les forêts près d'Argenteuil (XVIIIe siècle)
Lien avec André Chaillou, garde des plaisirs du Roi

Sources:

  • LE GARDE DES PLAISIRS DU ROI DANS LE NORD DE L’ILE-DE-FRANCE : http://www.cgbrie.org/medias/files/gardes-des-plaisirs-du-roi.pdf
  • GARDES FORESTIERS ET GARDES-CHASSE DU ROI À VERSAILLES – APPROCHE D’UN MILIEU SOCIAL: http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/25691/?sequence=1
  • Archives départmentales Yvelines: série 2B 339

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